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« Mieux habiter l'espace » Nouveaux modes de vie? Chapitre cinq !

A

vec l’été nous habitons nos espaces de vie autrement : l’accueil des petits-enfants, de la famille, des amis nous prend bien de l’énergie, mais nous sommes heureux ! Nous avons sûrement quelques rendez-vous avec dame nature ! Nous nous laissons aller sur des espaces moins connus. Parfois nous faisons bien des kilomètres pour rejoindre une destination rêvée depuis longue date ! Parfois aussi, rivés à notre maison ou à la maison qui nous retient... le temps qui se fait solitude peut nous paraître long !

L’été travaille nos liens, nous réintroduisant dans un nouveau rapport à la terre et à autrui pour sortir de nos enfermements. Comment faire le choix de la sobriété, non par esprit de sacrifice, mais pour ouvrir des espaces de rencontre, laisser place à l’autre et au Tout Autre ?

En ce dimanche de la Transfiguration, nous exerçons notre discernement entre trois montagnes :

- la montagne sur laquelle nous sommes tentés de planter nos tentes, celle de la Transfiguration où se révèle un Dieu de lumière. [Mt 17, 1-9]

- la montagne sur laquelle nous sommes tentés de planter nos tentes pour mieux profiter de ce qui nous séduit et qui brille sans éclairer : nos nouveaux veaux d’or.
- la montagne qui nous entoure, cet ultime lieu fascinant et préservé qui manque au repère de nos jours lorsque nous séjournons en de plats pays !

            Quatre-vingt pourcent des français vivent en ville. Les frontières entre urbain et rural s'estompent, on parle aujourd'hui de périurbain. Et on rêve d'un supplément de nature comme d’un supplément d'âme.

Lors d'un camp d'aumônerie dans un espace rural qui s'était grandement construit en villas, nous faisions le constat que chaque propriété était clôturée et leur portail verrouillé, affublé d'un code digital ou d'une caméra, dissuadant tout passage ! Le sentiment de peur et d'insécurité nous enferme-t-il à ce point ?

Les jeunes du camp, au cours du grand rallye qui force la rencontre avec les habitants reclus en leur ‘chez eux’, ont eu bien des difficultés ! Ceux qui ont réussi à franchir la barrière, pour aller troquer un couteau contre deux pommes de terre afin d’affiner avec l’habitant leur œuvre de « patatogravure » étaient plutôt fiers et heureux.

C'est peut-être pour cela que nous avons inventé la fête des voisins : au moins pour se parler une fois par an ! J'exagère ? J'espère !
Chez nous l'espace se complexifie, en tout cas il change, à l'approche de l'été. De gros 4x4 viennent augmenter le parc roulant habituel et la file des voitures (d'une population qui fait plus que doubler en été) s'allonge et se ponctue de cylindrées peu modestes, au logo connu mais à la version luxe moins connue... enfin, pour moi.

L'espace qui longe les rives du lac ou qui fait nos pistes de montagne oblige à la cohabitation avec les piétons, les cyclistes, parfois les chevaux. Et en levant le regard on croise les parapentistes qui tout à l'heure essayeront de reprendre pied, après avoir rivalisé, un moment dans le ciel, avec les milans.

Les plaques minéralogiques des véhicules brassent ici des hommes et des femmes d'origine bien différentes. Sommes-nous prêts à partager nos espaces dans le respect de chacun, dans l'espace humain comme dans la nature ? Sommes-nous favorables à un peu plus de mixité sociale et à un meilleur accueil de celui qui passe ou qui habite par intermittence dans nos villages ? Sommes-nous au top de l’accueil en nos espaces liturgiques et spirituels durant ces mois d'été ?

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