« Mieux consommer ! »

Nouveaux modes de vie ?(1) Chapitre deuxième !

Sans nom-3« La spiritualité chrétienne propose une croissance par la sobriété et une capacité de jouir de peu ! »
 Laudato si 22/223

Ne trouves-tu pas agréable de voir deux mots cohabiter dans cette même phrase : spiritualité chrétienne

jouir ? Dans la tradition chrétienne on parle plus facilement du don de soi, d’abnégation, et notre méfiance est grande à l’égard des « plaisirs terrestres », condamnés pour égoïsme, futilité, et source de perdition !

Que nous dit la Bible « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19/18 ; Matthieu 19/19).

Elle ne nous dit pas : « Tu aimeras ton prochain ! » en occultant, oubliant, retranchant le « comme toi-même. » Pourquoi cette méfiance à l’égard de ce qui peut faire du bien ? Et si mieux consommer provoquaient des plaisirs nouveaux ?

D’abord envisager une gourmandise, ce mot qui met l’eau à la bouche !

La gourmandise ne consiste pas seulement en une surconsommation ou appropriation avide à l’excès... le gourmand est aussi celui qui aime, apprécie, un met, un livre, un paysage : je suis gourmand de toi, de tranquillité, de rencontres improbables ... Et vous de quoi êtes-vous heureusement gourmand ?

Alors déguste la vie, mord-la à pleines dents. La gourmandise ça fait du bien au temps des aigreurs. Elle rentre par la bouche, mais pas seulement …car elle honore les saveurs de la vie, de la nature, de la peinture, de la lecture, de la musique, … tout ce qui offre à l’homme et à la société de se sentir bien et de l’exprimer.

La gourmandise révèle des univers insoupçonnés que l’on aurait très envie de posséder pour soi tout seul. Tiens donc ! Pourtant manger en gourmandise nous fait parler de nous-mêmes, aiguise notre curiosité, ouvre à un ailleurs, invite à découvrir nos différences.

Et c’est quoi cette croissance par la sobriété ?

C’est faire cette expérience du plaisir éprouvé par petite dose ! Une conception « homéopathique » de l’art de consommer.

La manière de consommer s’apprend très tôt.

Quand on laisse l’enfant profiter, en penchant du côté de l'addiction aux mets riches, sucrés et gras !

Ou quand on dit à l’enfant, « finis ton pain, ton assiette » rajoutant parfois « les pauvres n’en n’ont pas autant ! » Finis ton pain car du pain que l’on ne gagne pas comme cela on n’en perd pas une miette !

Sobriété ne se satisfait pas du gaspillage !

30 kg/an/personne : c’est le poids de nos produits consommables, achetés, mais non consommés et donc jetés ! Dame poubelle gloutonne nos déchets, notre porte-monnaie est à la cure d’amaigrissement et la nature désenchante : coût de cette opération complexe : 400€ par an/personne...

Alors cette croissance par sobriété comment est –elle envisagée u envisageable à la maison, en famille ?

Quel est donc le « juste prix » -qui n’est pas équivalent à payer moins cher ! » qui ne fera pas pleurer mon portemonnaie ?

Et une fois sortie de table, avec quelle énergie joueras-tu la mobilité qui permet de rencontre l’autre ? Covoiturage, cylindrée plus adaptée ? Penseras-tu à fermer le robinet quand je tu te rases ? Sauras-tu privilégier les circuits courts ? ... Bref il y a de quoi partager sur ce chapitre du « Mieux consommer ! »  P. Thierry Mollard, osfs